Sur les traces de l’artiste Pamela Colman Smith…

Ceci est en quelque sorte, un carnet de voyage, sur les traces de l’artiste longtemps oubliée Pamela Colman Smith…

Pamela Colman Smith m’intrigue. Peut-être parce que nous partageons un prénom, des origines multiples sources de bien des commentaires et une passion pour les arts, le symbolisme, le mystérieux… A travers ce carnet de voyage parisien, j’ai souhaité lui rendre hommage, en mots et en images. J’aimerais que l’on se souvienne qu’elle n’était pas seulement l’auteure de l’un des jeux de tarot les plus célèbres au monde, mais également une illustratrice, actrice, costumière et régisseuse de théâtre douée et injustement oubliée.

Le temps d’une escapade, je me suis glissée dans son souvenir. J’ai, en quelque sorte, passé un après-midi en compagnie de celle que l’on surnommait « Pixie »…

Bon voyage,

Texte & Images : Pamela Pianezza

Qui était Pamela Colman Smith (1878-1951), Pixie de son surnom ? Oubliée avant même la fin de sa vie après un trop bref moment de gloire, l’artiste est aujourd’hui principalement connue pour avoir illustré le jeu de tarot le plus vendu au monde, le fameux « Rider Waite Smith », que de nombreux amateurs de mystères à décrypter ont pris plaisir à redécouvrir dans la solitude forcée des récentes périodes de confinement.

Née près de Londres dans une famille de la haute bourgeoisie américaine, Pamela Colman Smith passe une partie de sa jeunesse en Jamaïque et voyage souvent, y compris seule. On retrouve des interrogations sur ses origines dans de nombreux courriers et témoignages de ses contemporains artistes, fascinés par son « exotisme », qui la fait ressembler tantôt « à une caribéenne », tantôt « à une japonaise »… Sa vie amoureuse, dont on ne sait strictement rien, son amitié avec des femmes ne cachant pas leur homosexualité, son activité au sein du mouvement des Suffragettes militant pour le droit de vote des femmes ainsi que le fait peu coutumier qu’elle ait traversé sa vie sans époux ni enfant, ont également contribué à alimenter le « mythe Pixie ». Sans parler de sa fréquentation des salons occultes londoniens… (Elle fut membre du célèbre ordre de la Golden Dawn.)

J’ai emprunté cette robe à la marque Forte Forte. Elle m’évoquait vaguement Pixie. J’ai compris pourquoi en tombant sur l’image …

Ce que l’on sait en revanche, c’est combien son avenir artistique était prometteur : entrée à 15 ans à la prestigieuse école Pratt de New York, première peintre exposée dans la galerie Stieglitz, jusqu’ici réservée aux photographes, elle multiplie les casquettes : illustratrice, elle travaille également comme actrice, régisseuse et costumière pour le théâtre, fréquentant le futur prix Nobel William Butler Yeats ou encore Bram Stoker, « papa » du Dracula publié en 1897. Elle dirigera également un magazine, avant de créer une maison d’édition, The Green Sheaf, destinée à mettre en avant le travail d’écrivaines.

Il existe très peu d’images de Pixie. Sur la plus célèbre d’entre elles, elle se tient, souriante, les bras croisés, face à l’objectif, de nombreux colliers tombant sur son chemisier que je devine en satin ou en soie. Sur une autre, elle porte une robe longue et fluide d’un beau rouge brun. Toujours cette allure libre et bohème, que j’imagine être réellement la sienne, et dans laquelle je la trouve captivante. Malgré le succès du tarot Rider Waite Smith, Pixie n’a pas fait carrière. Pour ce travail de commande auquel elle avait apporté beaucoup de ses réflexions et de son monde personnels, elle n’avait d’ailleurs presque rien touché. Comme de nombreux artistes, elle n’aura connu qu’un succès posthume…

Force & Tempérance, Les Mots Clés, collection xvii

Connexion entre nos deux prénoms ? Je ne sais pas, mais je ne peux m’empêcher de me poser tout un tas de questions la concernant. Se réjouirait-elle aujourd’hui de la redécouverte des arts occultes par un public de plus en plus large ? (Si vous ignorez de quoi je parle, faites un détour par Instagram ou Tik Tok…) Avec qui aurait-elle rêvé de collaborer de nos jours ? Passionnée par le vêtement et par la mise en scène, je l’imagine volontiers aux côtés des héritiers du très superstitieux Christian Dior (1905-1957), dont la passion pour les arts divinatoires continue d’infuser l’univers de la marque. Je me souviens notamment du défilé croisière 2018, tout entier conçu par la directrice artistique Maria Grazia Chiuri autour de l’univers du tarot, ou du superbe court métrage « Le Château du Tarot », réalisé par Matteo Garrone pour présenter la collection Dior printemps-été 2021… (Autour d’un autre tarot, italien cette fois, celui des Visconti-Sforza datant du 15e siècle).

Des questions sans doute inutiles et forcément sans réponses, mais qui m’ont conduite à me glisser, le temps d’une séance photo, dans la peau de mon homonyme et consœur artiste. Pour elle, j’ai choisi l’un des cafés les plus élégants de la capitale, le Zimmer, à deux pas des théâtres qu’elle affectionnait tant. Je l’ai vêtue d’une autre élégance, italienne, celle de la marque Forte Forte, qui depuis sa création en 2002 par Giada et Paolo, sœur et frère, m’évoque la légèreté et liberté d’être soi. J’ai glissé dans son balluchon un grimoire du 17e siècle et de précieux carnets pour dessiner. Et puis, histoire de lui porter chance, j’ai ajouté quelques grammes de Force et de Tempérance autour de son cou : deux cartes de tarot, au cas où…


En coulisses…

J’ai choisi avec soin les étoffes, les textures, les objets qui m’accompagneraient dans ce premier chapitre de l’aventure que constitue la redécouverte du travail et de la vie de Pamela Colman Smith.
Pour les vêtements et le sac, Forte Forte, marque italienne piquante et bohème créée par Giada et Paolo, sœur et frère. Leur univers que j’ai découvert il y a dix ans déjà, me donne envie de créer, de danser et de marcher pieds nus dans le sable. Les pièces présentées ici sont empruntées à leur collection d’été baptisée « Love surfers ».


Pour les bijoux, la créatrice Emmanuelle Iger et sa marque, Les mots clefs, entièrement conçue par amour du tarot. C’est en hommage à la carte de l’Étoile, symbole d’espoir et d’alignement, qu’elle a imaginé la collection xvii et les cinq pendentifs qui la constituent (L’Hermite, La Force, Le Monde, La Tempérance et donc, l’Étoile).


Enfin, j’avais glissé dans mon baluchon une pile de livres classiques et de carnets publiés par la maison d’édition toulousaine Alliance magique, dont le travail passionné contribue à démocratiser l’accès aux connaissances dans les domaines de l’histoire, de la mythologie, de la philosophie et de l’ésotérisme.

coulisses de la séance photo : avant de décider de travailler en intérieur, je m’étais essayée à l’extérieur ensoleillé…

Références :

Mes lectures :

  • Pamela Colman SMith, the untold story, de Stuart R. Kaplan et Mary K. Greer
  • Pamela Colman Smith, tarot artist : the pious Pixie, de Dawn G. Robinson

Mes « accessoires » :

  • Robe, veste et sac seau en cuir : collection « Love surfers », Forte Forte
  • Pendentifs or : collection xvii (L’Étoile, la Force, l’Hermite, la Tempérance, Le Monde) Les Mots clefs, par Emmanuelle Iger
  • Carnets vierges ; Livres : Le grimoire d’Armadel ; Plantes médicinales et magiques, d’Anne Ausmont, éditions Alliance magique
  • Tarot : US Games

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :